LABORATOIRE


Comment articuler improvisation théâtrale et texte théâtral ?  Comment faire coexister ces pratiques au plateau ?

Le constat est unanime : depuis quelques années, l’improvisation théâtrale fait un magistral retour en force. En effet, il fut un temps ou l’improvisation était au mieux appréhendée comme un simple outil (et qui n’avait de valeur qu’en tant que tel) prenant place au sein du processus de création théâtrale et au pire était perçue comme une discipline artistique de seconde zone. Avec le « récent avènement » de l’écriture de plateau, l’improvisation a (re)gagné ses lettres de noblesse auprès des ardents défenseurs du théâtre de texte et les troupes qui se revendiquent de l’école de l’improvisation fleurissent.

Nous avons, dans nos parcours de comédien, utilisé l’improvisation à maintes reprises dans des démarches utilitaristes classiques (afin de travailler des personnages d’une pièce par exemple) mais aussi dans des démarches d’écriture de plateau. Toutefois, même dans ce dernier type de démarche, l’improvisation n’intervenait que lors du stade de la conception du spectacle et n’existait plus (une « partition textuelle » ayant été arrêtée, figée à la fin du stade de conception) lors des représentations.

 

Cela nous a amené à nous questionner sur comment articuler dans un même spectacle improvisation théâtrale et texte théâtral ? Peuvent ils coexister ?  Quels sont les rouages que nous pourrions inventer pour passer d’un texte à une improvisation ? Est-ce que les deux disciplines ont tendance à se renforcer (d’un point de vue spectaculaire) ou à s’affaiblir ? Est-ce que cette coexistence ne se fait qu’au prix d’une mise en danger de la dramaturgie du spectacle ?

Pour répondre à ces questions, nous avons travaillé pendant quelques mois autour de Henry V de W. Shakespeare dans un aller-retour constant entre des scènes choisies de l’œuvre du dramaturge anglais et des canevas d’improvisations. Nous sommes parvenus lors de ce travail à nous forger quelques certitudes mais surtout à soulever de nombreuses autres questions qui pour le moment restent en suspens.

 

Le chantier n’est pas fermé, il est en sommeil. Nous le ré-ouvrirons en temps voulu, nourris de nouvelles expériences.